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LE POURQUOI DE NOTRE PRESENCE

Mehdi Malik, 16 ans, assassiné à Drancy
Publié le 4.04.2009

Samedi 4 avril 2009 à 15h, une centaine de personnes se rassemblaient pour se souvenir qu’il y a un an, le même jour, Mehdi Malik, un jeune de 16 ans, était assassiné par 6 autres jeunes, sans aucune raison, tuant au hasard ce jeune parce qu’il était là, au mauvais endroit, au mauvais moment.

Étaient rassemblés à l’angle de la rue des Colibris et de la rue Emmanuel Vinson, dans la cité du Nord, quartier de la Sablière, sa famille et tous ses amis pour inaugurer une stèle avec cette phrase inscrite sur la stèle, et sur les tee-shirts :

Une vie humaine vaut plus que tout au monde

Cette phrase me rappelle le slogan lancé il y a 76 ans par Joseph Cardijn, fondateur de la JOC alors que l’ouvrier était considéré comme un moins que rien, un simple outil d’exploitation : « Un jeune travailleur vaut plus que tout l’or du monde parce qu’il est fils de Dieu » !

Des jeunes, quelques-uns très émus, portent une gerbe ou des roses jaunes ou blanches, couleur de l’Espérance.

Le maire de Drancy rappelle, qu’en un peu plus de dix ans, dans ce même quartier, 2 autres jeunes ont été tués de la même façon… Il ne s’agit plus alors seulement de se souvenir mais que chacun s’engage, en particulier les jeunes, à refuser les discours violents et l’attrait de la violence pour régler les conflits, à ne pas s’enfermer dans cette illusion de se croire fort si l’on se montre plus agressif que les autres, cela n’a jamais régler aucun problème !

La sœur, ou tante de Mehdi Malik, intervient pour remercier tous ceux qui sont venus et aussi pour laisser éclater sa colère. Elle s’adresse en particulier à tous les jeunes afin que cela ne se reproduise plus. Elle les invite à réfléchir avant de poser des actes, car, dit-elle, après, c’est trop tard ! Ici, les jeunes qui ont posé ces actes impardonnables, ont fait n’importe quoi. Maintenant ils le regrettent mais c’est trop tard pour eux, et pour cette famille déchirée aujourd’hui.

Après les discours, les pleurs, la colère et les cris,

il faudra réussir à dire « non » à la haine,
dire « non » à la vengeance,
dire « non » à la violence.

Tous, en effet, nous sommes confrontés et provoqués par une agressivité gratuite ou une violence verbale, qui réveillent en nous le désir d’y répondre et d’entrer dans le cercle infernal d’une plus grande violence.

Parfois, les discours eux-mêmes qui parlent de paix, de réconciliation, de tolérance ou de non-violence, par leur expression et leur formulation portent encore en eux une forme de cette même violence, de ce même désir, enfoui, de vengeance.

Beaucoup de personnes, de jeunes, rêvent d’imposer la paix par des actes violents, par des mots violents ! Mais jamais on ne peut "imposer" la non-violence ou la paix.

Ensemble, humblement, avec toutes nos blessures, nous la cherchons, nous l’inventons.
Se détourner de la violence, afin de mieux résister par la non-violence

Cette paix, cette réconciliation, cette non-violence, ne se trouvent que lorsque nous acceptons d’être parfois vulnérables, de nous effacer, de nous humilier en renonçant à entrer dans cette réponse

de la force à la force,
de l’arrogance à l’arrogance,
de la vérité à une contrevérité.

Quand un conflit éclate, il se peut que la force véritable soit de savoir résister en se retirant, comme dans certains arts martiaux qui s’esquivent afin de détourner la violence, afin de mieux résister par la non-violence.

Quand nous nous trouvons face à une agressivité gratuite, imbécile, irresponsable, face à des gens ivres ou drogués, habités par une haine fanatique, c’est difficile de leur faire changer de direction. Savoir partir, se retirer un moment est une voie de sagesse pour d’une part « sauver sa vie », mais aussi pour sauver leur vie, leur éviter cet enferment dramatique qui les marquera à vie.

Ensuite, ensemble, nous aurons à réapprendre à cultiver la paix, à vivre dans la non-violence.

Source : http://www.vazy-jetecrois.com/spip.php?article363


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